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Facture Shopify : ce que la loi française exige vraiment (et ce que Shopify ne fait pas)
Le récapitulatif de commande Shopify n'est pas une facture. Les mentions obligatoires, la numérotation continue, l'autoliquidation, et le calendrier réel de la facturation électronique pour une boutique en ligne.
Un client professionnel vous demande « une facture ». Vous lui transférez le mail de confirmation de commande Shopify. Son comptable la refuse.
Il a raison, et ce n'est pas un détail de forme : les deux documents n'ont pas la même fonction, et un seul des deux a des mentions obligatoires.
Ce que Shopify envoie
Le mail de confirmation est un reçu : la preuve qu'une transaction a eu lieu. Pour une vente à un particulier, c'est suffisant.
Ce qui lui manque pour être une facture :
- votre dénomination sociale et l'adresse du siège, pas seulement le nom de la boutique ;
- votre numéro de TVA intracommunautaire, votre SIREN et votre forme juridique ;
- l'identité de l'acheteur, et son numéro de TVA quand la vente est B2B ;
- un numéro de facture séquentiel, tiré d'une série continue ;
- la ventilation de la TVA par taux, montants HT et TVA affichés séparément ;
- la date d'émission de la facture ;
- les mentions légales applicables : autoliquidation sur une vente intracommunautaire, pénalités de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €, obligatoires en France entre professionnels.
Et non, le numéro de commande Shopify ne remplace pas le numéro de facture. Il comporte des trous (commandes annulées, commandes de test), il compte des commandes et non des factures, et il recommence à zéro dans chaque boutique. Une série légale doit être continue, sans trou et sans réutilisation.
Les trois façons de produire une vraie facture
À la main, dans un tableur ou un outil de facturation. Ça marche, ça prend dix minutes par facture, et le compteur de numérotation vit dans un fichier que personne ne sauvegarde.
Avec Order Printer, l'application gratuite de Shopify : un gabarit Liquid que vous contrôlez. On peut y faire figurer la plupart des mentions obligatoires. Deux limites : le numéro imprimé reste le numéro de commande, et le résultat est un PDF pour un humain, sans données structurées à l'intérieur. C'est précisément ce point que la réforme change.
Avec une application de facturation, qui génère le document dès que la commande est payée et tient sa propre série. C'est ce que fait InvoicePilot : 15 factures par mois gratuitement, 9 $ par mois ensuite.
Le calendrier réel de la facturation électronique
C'est le sujet sur lequel il se dit le plus de choses fausses, parce qu'il mélange deux obligations distinctes.
La facturation électronique concerne les factures entre entreprises établies en France. La facture doit être un document structuré (Factur-X, UBL ou CII) et transiter par une plateforme agréée. Un PDF envoyé par mail ne compte plus.
L'e-reporting concerne tout le reste : les ventes aux particuliers et les opérations avec l'étranger. Là, pas de document par vente, mais la transmission périodique de données agrégées, ventilées par taux de TVA.
Une boutique Shopify qui vend surtout à des particuliers relève donc principalement de l'e-reporting, et de la facturation électronique seulement pour ses clients professionnels français.
Les dates :
- 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent émettre et faire leur e-reporting.
- 1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent émettre et faire leur e-reporting.
Deux conséquences que les articles alarmistes oublient. L'obligation de réception s'applique à tout le monde dès 2026, quelle que soit la taille : c'est une démarche administrative (être joignable sur une plateforme), pas un chantier informatique. Et l'obligation d'émission de la plupart des boutiques Shopify tombe en 2027, pas en 2026. Ce n'est pas une raison de ne rien faire, c'est une raison de ne pas acheter dans la panique.
Quatre choses à faire d'ici septembre 2026
1. Classez votre chiffre d'affaires en trois lignes : B2B France, B2C France, étranger. Ce seul tableau vous dit quelle obligation vous concerne et à quelle date.
2. Vérifiez votre catégorie de taille. ETI et grandes entreprises émettent dès 2026 ; tout le reste en 2027.
3. Corrigez votre numérotation dès maintenant. Quelle que soit la plateforme que vous choisirez ensuite, elle attendra une série valide et continue, et aucun outil ne réparera après coup une série bâtie sur les numéros de commande Shopify. C'est le point le moins cher de la liste et celui qu'on repousse toujours.
4. Collectez les numéros de TVA de vos clients professionnels, et validez-les auprès de VIES au moment de la vente. C'est ce qui fait tenir l'autoliquidation. Le faire sur le moment ne coûte rien ; le reconstituer un an plus tard coûte une semaine.
Ce que fait InvoicePilot, et ce qu'il ne fait pas
Il produit le document : PDF Factur-X (lisible comme un PDF, exploitable comme du XML EN 16931 à l'intérieur), série continue avec votre préfixe, mentions légales, ventilation de TVA, avoir automatique sur remboursement, envoi à l'acheteur dans sa langue.
Il ne transmet pas à une plateforme agréée aujourd'hui. C'est une fonctionnalité distincte, annoncée comme telle. Une application à 9 $ par mois qui prétend vous rendre conforme de bout en bout vous vend la moitié du chemin en l'appelant le tout.
Dates vérifiées auprès des sources publiques françaises le 1er août 2026. Ce guide s'adresse aux commerçants, il ne remplace pas l'avis de votre expert-comptable.